L'AVION


GC-1B Globe Swift


Voilà un avion élégant, avec sa calandre caractéristique et ses lignes intemporelles. Monoplan tout métallique avec train rentrant et volets électrohydrauliques, il est déjà si moderne pour l'époque.

Le Swift est né en 1940 sous les traits de son concepteur R.S. "Pop" Johnson. D'abord tout en bois, il s'est inspiré du Culver Cadet dont il a conduit les essais. Le projet est ensuite mis en sommeil après l'entrée en guerre des Etats-Unis, au lendemain de l'attaque des Japonais sur Pearl Harbor le 07 décembre 1941.

Le Swift renaîtra en 1944, financé par John C. Kennedy, Président de la Globe Medicine Company. Kennedy s'était lancé dans la construction, sous licence, de bimoteurs d'entraînement Beech AT-10 pour contribuer à l'effort de guerre. La fin du conflit approchant, la société Globe Aircraft Company cherche à rentabiliser ses stocks d'aluminium et son savoir-faire en construction aéronautique. Il recrute alors un ingénieur de chez Curtiss, Kilbourne H. "Bud" Knox, déjà connu pour avoir contribué aux dessins des Spartan Executive, Curtiss Helldiver et surtout du Curtiss P-40 dont il va s'inspirer pour redesigner le futur Globe Swift. Il lui offre ainsi les qualités de vol d'un petit chasseur pour gentleman. Le concepteur originel, R.S. "Pop" Johnson, comprenant que son avion ne serait financé qu'à condition qu'il soit en aluminium, quitte le projet et développe le Johnson Cadet très proche d'un Swift en bois mais ne rencontre pas le succès. C'est ainsi que le GC-1A prend l'air pour la première fois en 1944 mut par un moteur Continental C-85, 4 cylindres de 85ch. Deux prototypes seront assemblés dont le premier "All Metal Swift", s/n 2, repensé par le fameux K.H. "Bud" Knox de chez Curtiss. L'avion évolue très peu jusqu'à son entrée en production.

408 GC-1A seront construits. La même année, le Swift sera remotorisé par un Continental C-125, 6 cylindres de 125ch devenant le GC-1B. Globe, s'associe avec Temco et ils construisent ensemble 833 GC-1B en 6 mois! Les avions ayant été construis avant même de recevoir des commandes, Globe est contraint à la faillite en 1947. Temco, le plus gros créancier, rachète pour $328,000.00 le certificat de navigabilité, les outillages, les pièces et les avions invendus, dans l'espoir de relancer la production et rembourser les pertes. Temco construira 260 avions supplémentaires avant d'arrêter définitivement la production en 1951, les clients préferant les avions 4 places.

Le certificat de navigabilité et l'outillage de production du Swift seront récupérés par Universal Aircraft Industries (renommé plus tard Univair). La production de pièces détachées sera assurée jusqu'en 1979 avant que la Swift Museum Foundation, sous la direction de son président Charlie Nelson, rachète le certificat de navigabilité, les pièces détachées et les outillages. Aujourd'hui encore, c'est à Athens dans le Tennessee, que la Swift Museum Foundation assure précieusement le suivi de cette fantastique machine aux lignes intemporelles et aux qualités de vol rappelant celles d'un véritable warbird.

En plus de 70 ans, l'avion aura sans cesse évolué. Verrière, sticks, capots, IFR, moteurs, réservoirs, instruments... le Swift collectionne un nombre impressionnant de STC au point qu'il doit y avoir autant de versions que d'avions encore en état de vol. Le Swift est très populaire aux Etats-Unis et, chaque année, de nombreux rassemblements sont organisés autour de celui qu'on appelle aussi le "poor man warbird". On estime qu'il reste environ 300 avions encore en état de vol dans le monde, dont 9 en France.

Certains iront jusqu'à installer une turbine, le transformant en Swiftfire. D'autres, comme le célèbre aérodynamicien LoPresti, développeront une version dépassant les 200kt en croisière. Cet avion, baptisé Fury, devait être financé et distribué par Piper Aircraft mais  la crise financière clou définitivement cet ambitieux projet au sol. Le Fury est aujourd'hui exposé au Swift Museum à Athens, TN. aux côtés du Johnson Rocket des débuts et des premiers GC-1A et GC-1B dans leur état d'origine. On peut y voir également le T-35 Buckaroo qui n'est autre qu'un Swift biplace en tandem, armé d'une mitrailleuse de 7,5mm et de 5 roquettes sous chaque aile! Cet avion était le concurent malheureux du T-34 de chez Beechcraft pour remplacer le T6 comme avion d'entrainement. Dans les années 90 & 2000, une patrouille de trois appareils, The Swift Magic Team, a également  fait briller les ailes du Swift dans les airshows américains. La France n'est pas en reste avec l'avion de Guillaume Féral qui possède le seul Swift au monde équipé d'un malonnier permettant de voler sans l'usage des jambes.

C'est Alain de Valence, actuel leader de la Patrouille, qui importa le tout premier Swift en France. Mille mercis à lui sans qui nos aventures n'auraient pas eu la même inspiration. Au moins 3 Swift auront traversé l'Atlantique par les airs pour rejoindre la France via le Groenland. Une aventure extraordinaire qui fait effleurer d'un doigt discret, l'exploit surhumain de Charles Lindbergh en traversant, seul et sans escale, l'océan Atlantique en 1927 à bord du Spirit of Saint Louis!

La Patrouille est née en 2014 avec Cédric Lavocat, premier leader de la Patrouille, et Romain Deveaux. L'année suivante, ils sont rejoints par Alain de Valence, Cédric Ruet "Rut", Guillaume Feral et Frédéric Grandmougin pour un show aérien inspiré des courses aux pylônes des années 30. En 2016, ce sont les premiers spectacles pyrotechniques, au sunset, que nous tentons de partager avec le public après avoir, nous même, été fasciné de les découvrir dans les meetings américains. En 2017 et 2018 s'enchaînent de nombreux airshows jour et sunset pour le plus grand plaisir des spectateurs, émerveillés par les fontaines lumineuses, L.E.D. et artifices de nos avions qui illuminent le soleil couchant autant que leurs yeux.

2019 est un tournant pour la Patrouille avec le départ pour d'autres aventures de Cédric Lavocat, sans qui les shows sunset n'auraient pas vu le jour. C'est un spectacle uniquement de jour et à 3 appareils qui sera proposé cette saison avec Alain de Valence comme leader (Swift Leader) et toujours Romain Deveaux, ailier droit (Swift #2) et Frédéric Grandmougin, ailier gauche (Swift #3). Voltige en formation serrée digne des heures de gloire de la Swift Magic Team mais ausi poursuite tout en courbes et en douceur continueront à nous caractériser. Sans oublier notre coeur final souligné par nos généreux fumigènes. Nos machines sont toutes des "Super Swift", équipées de sticks et de moteurs Continental IO-360, 6 cylindres de 210ch, assurant agilité, son et vitesse.